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íslenska

L'Embellie

L'Embellie
Author
Auður Ava Ólafsdóttir
Publisher
Zulma
Place
Paris
Year
2012
Category
French translations

The novel Rigning í nóvember (Rain in November), translated to French by Catherine Eyjólfsson.

About the book:

En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.

Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus.

From the book:

Il est à la maison. Je m‘attarde sur la pelouse gelée avant d‘entrer, pour considérer mon propre foyer illuminé, j‘hésite devant le groseillier, l‘oie à la main, me demandant si ça se voit sur moi, s‘il val e remarquer. De ma position, je le regarde aller d‘une pièce à l‘autre, aparemment sans but, déplaçant des objets, éteignant et rallumant les lampes derrière lui. je passe ensuite d‘une fenêtre à l‘autre de cet intérieur éclairé, comme devant une maison de poupée sans façade, pour rassembler les morceaux de la vie de mon mari.

Voilà qu‘après avoir vidé la machine à laver, il se tient dans la chambre, tout le linge dans les bras; il ne fait pas cela d‘habitude. Bricoler n‘est pas non plus son fort, mais il semble qu‘il ait remplacé l‘ampoule sous l‘auvent de la porte d‘entrée et arrangé la porte du placard de la cuisine. Tout à coup il se met à regarder par la fenêtre, dans len oir, et j‘ai l‘impression que ses yeux se posent droit sur moi, me scrutant longuement, et qu‘il se demande si j‘ai un lien avec lui, si je vais entrer ou m‘attarder dans le jardin. Il es torse nu, ce qui doit être plutôt r+efrigérant avec le linge mouillé dans les bras, à moins que ses poils ne lui fournissent une protection; quand il se penche vers le lit, j‘ai un instant l‘impression que quelqu‘un y est couché, hors de mon champ visuel, et qu‘il va lui-même s‘allonger à ses côtés. Il se redresse alors aussi soudainement, tenant mon slip bleu ciel humide qu‘il étire et lisse avec précaution de ses grandes mains. Puis il le suspend à l‘étendoir qu‘il a installé près du lit; j‘aperçois des pinces à linge aux extrémités du sous-vêtement. Il n‘est peut-être pas souvent à la maison et nous ne parlons guère ensemble, maisj‘ai un bon mari et je sais quelle est m afaute: je ne suis pas passée faire les courses à la supérette.

(33-4)

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